dimanche 2 juin 2019

Etrange Eclipse


Le spectacle de l’atelier théâtre du lycée Raphaël Elizé

Etrange Eclipse


Lundi 3 et mardi 4 juin à 20h30
Centre culturel de Sablé-sur-Sarthe

L’EQUIPE

13 élèves

Anouck Bapst, Emeline Belloeuvre, Léa Moniez, Zoé Truchy, Arthur Georgin, Cheickna Keïta, Chafika Nignon, Antoine Habit, Léo Lerat, Manon Lamy, Trevis Trassard, William Nourry, Juline Roux 

Mise en scène : Philippe Bardin avec la collaboration de Thierry Delhomme des Têtes d’Atmosphère
Régie Lumière : Thierry Delhomme
Régie Son et Vidéo : Géraud Mottais
Texte : Philippe Bardin

LE SPECTACLE

L’intrigue
Un lycéen, par dépit amoureux, avale toute une bouteille d’une mystérieuse potion qui le propulse dans le passé. C’est ainsi qu’il va vivre trois journées mémorables de l’histoire récente de la France.
Première journée : le samedi 22 juin 1963, il doit se rendre au grand concert « Salut les Copains » avec en vedette, Johnny Hallyday.
Deuxième journée : le samedi 9 mai 1981, il s’invite à une noce alors que la France s’apprête à changer de président de la République.
Troisième journée : le dimanche 12 juillet 1998, il assiste à une naissance très particulière, avant que ne commence la finale de la coupe du monde de football.
A chaque fois, il rencontre une jeune fille qui est le sosie de celle qu’il aimait sans espoir. Il se dit que c’est une nouvelle chance qui lui est offerte de la conquérir  mais il n’a guère le temps de s’en saisir car le moindre choc affectif le projette dans une autre époque. Lors de la troisième et dernière journée, il fera une expérience qu’aucun être humain avant lui n’avait vécue.

Les intentions
L’année dernière, nous invitions nos spectateurs à un voyage dans l’espace avec Happy Trip To Istanbul, cette année nous les convions à un voyage dans le temps. Avec nous, ils vont survoler ces cinquante dernières années et assister à trois événements majeurs qui ont laissé des traces dans la mémoire collective. Dans ce spectacle, nous avons voulu confronter la Grande Histoire, celle des peuples et la Petite Histoire, celle des individus. Nous nous sommes intéressés aux petits incidents, aux drames intimes qui font que ces deux Histoires sont souvent en dissonance. Et cette dissonance qui est à l’origine de bien des constats amers sur la condition humaine, nous avons pris le parti d’en rire. Car la première fonction de la comédie, c’est bien de rire de ce qui n’est pas drôle.
   Le défi, cette année, pour nos élèves, c’était d’endosser quatre personnages différents dans quatre époques différentes. Pour les moins expérimentés, ce fut d’abord une épreuve difficile : la création de ce spectacle a exigé de tous une grande concentration et une réactivité de chaque instant. Les scènes sont courtes et tout doit s’enchaîner rapidement, sans temps mort. Notre constante préoccupation : tenir le rythme, malgré les changements de costumes, malgré les entrées et les sorties qui se succèdent à un train d’enfer. En fait, il s’agit encore une fois de restituer la légèreté et la vivacité du découpage cinématographique  dans la conduite de l’intrigue.  Au départ, il y eut quelques tâtonnements mais la plupart des difficultés ont pu être surmontées grâce à la grande solidarité dont surent faire preuve tous les membres de l’équipe.  Ils avaient tous compris une chose : la réussite d’un spectacle est toujours le fruit d’un groupe soudé.
Comme les autres années, nous avons invité les élèves à explorer toutes les possibilités du théâtre en le confrontant aux autres arts : musique, danse et vidéo. Du théâtre dans lequel le jeu théâtral, la musique et l’image projetée  proposent des parcours qui se croisent, s’éloignent ou se rapprochent. Un seul principe : ne jamais utiliser l’un de ces arts comme procédé illustratif ou explicatif de ce qui se joue sur la scène.

BILAN DE L’ATELIER-THEATRE

Cette fois-ci, c’est fini. L’atelier théâtre ferme définitivement ses portes. Cette année 2019 sera bien la dernière.
Cet atelier existait depuis 29 ans. Il fut créé par deux professeurs de lettres, Corinne Tatéossian et Philippe Bardin  en 1990. Les premières années, ce n’était qu’un club mais d’emblée nous l’avions conçu comme une véritable école du spectateur et du comédien. Notre crédo : la pratique théâtrale avant tout.
En 2000, Thierry Delhomme, comédien, metteur en scène des Têtes d’Atmosphère, rejoint l’atelier. Notre collaboration durait depuis dix-neuf ans.
Chaque année entre quinze et vingt élèves participaient aux séances de l’atelier. Nous essayions de leur inculquer l’amour du jeu théâtral ainsi que la discipline et la rigueur que celui-ci exige. Nous leur demandions une grande disponibilité et une présence régulière aux  séances de travail de l’atelier.
L’atelier théâtre s’adressait à tous les élèves de la cité scolaire, qu’ils soient élèves de filières professionnelles, de filières technologiques ou de filières générales, qu’ils aient une expérience de l’art dramatique ou qu’ils soient totalement novices. La diversité du recrutement n’était pas un frein à la cohésion du groupe. Au contraire, c’est cette diversité qui faisait en grande partie la richesse du travail accompli par toute l’équipe.
Nous sommes fiers que certains de nos élèves aient poursuivi une carrière artistique et que quelques-uns aient rejoint les centres de formation du comédien les plus prestigieux du pays.
 En 29 ans, nous avons formé plusieurs centaines de lycéens à la pratique théâtrale, nous avons créé 27 spectacles, tous donnés au centre culturel de Sablé-sur-Sarthe. Et au final, ce sont des dizaines de milliers de spectateurs qui ont assisté aux représentations données par notre atelier. Nous ne sommes pas peu fiers d’avoir su fidéliser un public qui chaque année se pressait aux portes du centre culturel pour découvrir notre nouveau spectacle. Nous avons toujours été conduits par une conviction : dans le cadre d’un atelier-théâtre, il est possible de monter un spectacle qui ne se contente pas d’être  la réplique « scolaire » de ce qui a été déjà vu ailleurs. Nous avons toujours voulu gagner l’adhésion des spectateurs par l’originalité et la qualité de nos productions.
Il est un autre principe qui a toujours guidé notre travail : le théâtre doit rester un art populaire et il est impératif qu’il continue à vouloir s’adresser aux jeunes générations. Il faut tout faire pour que le divorce entre le théâtre et une part grandissante de la population ne devienne pas inéluctable. A notre mesure, et avec nos modestes moyens, nous avons voulu contribuer à cette tâche. Si certains de nos élèves sont devenus des professionnels du spectacle, la plupart ont poursuivi un cursus plus conventionnel. Mais quel que soit la carrière choisie, ils gardent tous, je crois, l’amour de l’art dramatique et c’est l’essentiel.
Bien sûr, tous ces lycéens qui nous ont rejoints pendant une, deux ou trois années nous ont aussi apporté beaucoup. Sans leur motivation et leur enthousiasme, notre travail au sein de l’atelier aurait été moins fructueux et certainement moins passionnant. Et ce qui nous a toujours épaté, c’est l’immense talent dont sont capables ces jeunes comédiens si on sait les accompagner dans leur apprentissage ou dans leur perfectionnement. Quel plaisir de découvrir chez un élève au départ timide et un peu replié sur lui-même, un talent que lui-même sans doute ne soupçonnait pas ! Et il nous fallait donc proposer des projets qui soient à la mesure de ces qualités, des projets ambitieux qui sollicitaient toutes les compétences des membres de l’équipe : jeu, chant, danse, vidéo, conception des décors…
 Les années ont passé, vite, très vite. Nous voilà, à titre personnel, au bout du chemin. Que restera-t-il de tout cela, dans les têtes et dans les cœurs ? Un très bon souvenir, je crois.


REMERCIEMENTS

Il faut terminer en remerciant chaleureusement tous ceux qui nous ont accompagnés toutes ces années.
D’abord, Thierry Delhomme, comédien et metteur en scène professionnel, qui a travaillé avec nous pendant près de vingt ans. Il a mis toutes ses compétences au service de l’atelier. Grâce à sa générosité, sa bienveillance et sa rigueur, nous avons pu surmonter bien des difficultés et réaliser bien des choses qui au départ nous semblaient parfaitement irréalisables. La qualité technique et esthétique de nos spectacles lui doit aussi beaucoup.
De même, nous voulons remercier deux collègues : Corinne Tatéossian, qui créa avec nous le premier club théâtre du lycée et Sylvie Géneslay, qui pendant plusieurs années s’occupa de l’organisation des répétitions et des représentations.
Un grand merci encore à Nicolas Poussin qui fut non seulement un comédien de l’atelier puis de notre troupe mais qui s’occupa aussi de la régie son des spectacles pendant de très nombreuses années.
Plus récemment, nous a rejoints Géraud Mottais, un virtuose des effets numériques et un magicien du décor virtuel. Il nous a permis d’intégrer à nos représentations la vidéo de manière plus systématique et de manière plus élaborée. Merci, Géraud !
Il nous faut aussi remercier la direction et le personnel du centre culturel. Pendant près de trente ans, ils nous ont donné la possibilité de jouer dans des conditions professionnelles, mettant à notre disposition toutes les ressources d’une vraie salle de spectacle. Evidemment, nous avons une pensée toute particulière pour Arnaud qui ne comptait pas son temps et son énergie pour  répondre au mieux à tous nos souhaits, même les plus saugrenus.
Pour finir, rappelons une évidence : si l’atelier-théâtre du lycée Raphaël Elizé a bénéficié de cette longévité exceptionnelle, c’est grâce au soutien actif des proviseurs qui se sont succédé à la tête de notre établissement. C’est pour cela que  nous tenons à remercier pour leur confiance Messieurs Berlia, Ravaze, Girard et Sachet.

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